Cher G…

Cher G…

Ou, « Comment j’ai piqué le cul de mon chien 27 fois et il m’a mordu la 28ème…

Le bâtard » 1 (explication du sous-titre en bas de l’article).

TW : contenu décrivant des situations de violences conjugales psychologiques et physiques.

Masha_coul

28 mars, Rouen.


Cher G,


Je tenais à te remercier. Cette dernière soirée passée tous les deux le quinze mars, la délicatesse de ton corps me serrant et me broyant les côtes, tes bras doux et chauds me serrant le cou, tes doigts agiles dans ma culotte, sur mes fesses, le tout pour me consoler de la mort d’une collègue et amie dont j’avais appris le suicide une heure auparavant.


Cette soirée, je doute que tu t’en souviennes, vu l’état d’ébriété avancé dans lequel tu te trouvais, mais sois sûr que moi, je m’en souviendrai toujours.


Tu aurais pu regretter, t’excuser, tenter de redresser un peu la barre, même si déjà à ce moment, ça n’était plus pardonnable, mais tu as décidé de laisser éclater au grand jour ta véritable personnalité, celle d’un homme. Violent.


Le lendemain matin, tu m’as volé mes clefs dans mon sac à main, tu m’as dit de faire un sac et de partir (passons sur les insultes et les menaces que tu a proféré avant ça). Je n’avais nulle part où aller, pas la force de faire mon sac, terriblement peur de toi. J’ai appelé à l’aide, un peu au hasard, des gens sont venus. Tu as refusé qu’ils rentrent, à ce moment j’étais en jean et en t shirt sur le pallier de la porte, tu refusais que je monte avec quelqu’un, je ne pouvais pas rester avec toi, j’avais froid, mais je préférais avoir froid que de te subir.
Tu as refusé qu’ils rentrent pour m’aider à faire mon sac, j’ai du les faire seule. J’ai plus ou moins réussi, je me suis écroulée, mais je me suis relevée, et j’ai fini de prendre les affaires dont j’avais le plus urgemment besoin.


J’ai revu mes amies, ces mêmes dont tu m’avais coupé depuis plus d’un an. Jamais avec des mots bien sur, tu me disais que ça serait bien que l’on sorte un peu chacun de son côté, mais voilà, chaque fois que je voulais sortir avec elles, qu’une soirée était prévue, une dispute éclatait, tu pleurais, et immanquablement, je restais plutôt que de les voir.


Je suis sûre que tu seras ravi d’apprendre qu’elles sont plus que jamais là pour moi, et moi pour elles.


Ta méchanceté, ta toxicité, ta cruauté, tes manipulations et tes mensonges, tout ce que tu as pu mettre en place pour m’enfermer dans ta vie, pour que je ne puisse plus en sortir, et que rien ne puisse y entrer, tout ça ne m’a pas détruite. Je suis là, debout, sans toi et en vie.


Je ris, je mange, je fais l’amour, je voyage, je parle, je travaille, je lutte, sans toi.


Tout ce que je ne faisais plus, parce que tu m’en empêchais, je le fais de nouveau et avec plaisir.


Tu as perdu, j’ai gagné.


J’ai gagné toute ma vie à vivre, de la façon dont j’en ai envie, avec pour seules limites mes désirs, et non plus les tiens.


Pour m’avoir prouvé que je n’ai pas besoin d’un homme (qui plus est violent) pour vivre, survivre et exister, je te remercie.


Pour m’avoir blessée physiquement, et m’avoir prouvé que je suis forte, endurante et résistante, tu as toute ma reconnaissance.


Pour m’avoir blessée psychologiquement, prouvé que je suis courageuse, que je sais discerner ce qui est violent de ce qui ne l’est pas, tu as toute ma gratitude.


Pour m’avoir mise dehors (car j’avais terriblement peur de partir, et de toute façon, tu avais fermé la porte de ma cage), je te remercie infiniment.


Mäsha Bombed.


1 : Je vous doit des explications pour ce sous-titre, il n’est tout simplement pas de moi, mais de G. Je lui reparlais ce jour, le 18 avril, et puis, par honnêteté, ou bêtise, je ne suis pas sûre, je lui ai dit que cette lettre allait être publiée, il m’a donc proposé « gentiment » de mettre ce sous-titre comme article, comme explication de ce qu’il m’a fait, j’ai trouvé que ça serait une bonne idée. Il s’agit de la citation exacte.
Je ne cautionne absolument pas l’emploi du mot « bâtard » comme insulte.

écrit par
More from Mäsha Bombed

Harcèlement policier à Belleville : le témoignage de Lili

    TW : Violences policières Cet article est un partage du...
Lire plus