De la science et des voyages

9782340003132

Les sciences ne se conjuguent-elles qu’au masculin ? Les découvertes majeures seraient-elles toutes dues à des hommes, à quelques exceptions près ? Si aujourd’hui encore les femmes sont moins nombreuses dans les filières scientifiques, Gérard Chazal, dans « Les femmes et la sciences », paru en poche aux éditions Ellipses, nous montre en quoi cela est dû à leur éducation et aux préjugés de la société. Les grands scientifiques ont toujours compté des femmes dans leur rang, même si l’histoire ne les a pas retenues ou s’est contenté d’en faire les assistantes de leurs illustres maris (comme c’est le cas pour Madame Lavoisier).  De l’Antiquité à l’époque contemporaine, Gérard Chazal dresse le portrait de grandes scientifiques, qui ont dû se battre et être extrêmement brillantes pour vivre leur passion, telles Hypatie d’Alexandrie, astronome, Mary Sommerville, mathématicienne et physicienne ou Ada Lovelace, qui contribua à la naissance de l’informatique. Ce livre est véritablement une autre histoire des sciences, trop longtemps laissée dans l’ombre.

Maria Sibylla Merian, botaniste et entomologiste, mentionnée dans ce livre, est également l’héroïne d’une bande dessinée, parue aux éditions Naïve : « Maria Sybilla Merian, la mère de l’écologie », de Yannick Lelardoux.

Couverture du livre de "Maria Sibylla Merian" de Yannick Lelardoux
« Maria Sibylla Merian » de Yannick Lelardoux

Née en Allemagne en 1647, Maria Sybilla n’hésitera pas à traverser les mers, sans chaperon et au mépris de toutes les convenances, pour gagner le Suriname afin d’y étudier les plantes et les insectes. Une autre botaniste passionnée et voyageuse, fictive celle-là, est Alma Whittaker, l’héroïne du roman d’Elizabeth Gilbert, « L’Empreinte de toutes choses », paru au Livre de Poche. Élevée par des parents progressistes au début du XIXème siècle, Alma voue sa vie à l’étude des plantes et plus particulièrement des mousses. Sa soif de connaissances est sans fin : les plantes, les livres mais aussi le monde (elle ira jusqu’à Tahiti) et son propre corps. C’est un roman foisonnant et dense, qui n’est pas sans rappeler ceux d’Isabel Allende.

Couverture du livre "L'Empreinte de toutes choses" d'Elizabeth Gilbert
« L’Empreinte de toutes choses » d’Elizabeth Gilbert
Couverture du livre : "Le roman des voyageuses françaises" de Françoise Lapeyre
« Le roman des voyageuses françaises » de Françoise Lapeyre

De femmes scientifiques et voyageuses, il est aussi question dans « Le roman des voyageuses françaises » de Françoise Lapeyre, en Petite bibliothèque Payot. L’auteure nous montre que les Françaises aisées ont beaucoup voyagé au XIXème siècle, certaines en touristes de la première heure, mais d’autres aussi en véritables exploratrices. Beaucoup n’échappent pourtant pas au racisme le plus primaire, comme Flora Tristan, connue pour ses engagement féministes et en faveur des ouvriers. En cela, ce livre est aussi le portrait des mentalités colonialistes de l’époque.

Une autre femme, qui sans être une scientifique, avait soif de connaissances et consacra sa vie à l’enseignement dans les parties les plus reculées des États-Unis au début du XXème siècle, est la grand-mère de Jeannette Walls, Lily Casey Smith, à qui elle consacre un roman : « Des chevaux sauvages, ou presque », aux éditions Pocket. Lily défie les stéréotypes de genre de son époque : elle dresse des chevaux sauvages à cinq ans, n’hésite pas à traverser le pays seule à cheval à 15 ans, joue au poker avec les hommes, vend de l’alcool de contrebande, conduit une voiture et pilote un avion.

Couverture du livre : "Des chevaux sauvages, ou presque" de Jeannette Walls
« Des chevaux sauvages, ou presque » de Jeannette Walls
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