Militantisme, Loi Travail, Violences Policières et Suprématisme Blanc

!!! RE-APPEL A L’ANARCHIE ANTIRACISTE !!!

POUR UNE CRITIQUE DES RAPPORTS DE DOMINATION RACIALE

Ce texte s’adresse aux blanc-he-s, dont les journalistes, sociologues, universitaires, militant-e-s blanc-he-s…

LES VIOLENCES POLICIERES LORS DES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL SONT TOUJOURS AUSSI SYSTEMIQUEMENT RACISTES !

Il est urgent de dénoncer et mettre fin à l’INVISIBILISATION DU CARACTERE RACISTE DES VIOLENCES POLICIERES COMMISES SUR LES MANIFESTANT-E-S RACISE-E-S. Le caractère raciste des répressions policières, dans le cadre des luttes sociales en cours contre la loi travail, a été dramatiquement évincé, lissé, par le traitement qu’en ont fait les médias et la militance blanche. Rappelons que la police française, et les services de « maintien de la violence d’état français », sont des institutions suprématistes blanches racistes et néo-coloniales qui ciblent, harcèlent, enferment, criminalisent, tuent de façon systémique les corps et pensées des racisé-e-s, des non-blanc-he-s!

Ceci est un ré-appel à la conscientisation, et à la réaction, face au racisme à l’extérieur et à l’intérieur de nos espaces physiques et théoriques de luttes sociales. Le fait que des militant-e-s blanc-he-s et racisé-e-s (victimes du suprématisme blanc) marchent, militent, manifestent ensemble contre la loi travail, n’enlève pas le stigmate de la couleur de peau et de la racialisation négative des militant-e-s non-blanc-he-s : c’est-à-dire noir-e-s, arabes, juif-ve-s, roms, etc… lors de ces manifestations.

Manifester ne nous rend pas (nous les militant-e-s victimes du racisme) plus blanc-he-s, ou moins arabe, moins asiatique, etc… ça parait évident, mais il semble qu’il faille le rappeler !

LES FAITS : une vidéo, qui tourne sur les réseaux sociaux et médias dominants, montre un jeune lycéen militant afro-descendant et noir (alors qu’il est au sol sans défense et maitrisé par 3 CRS armés), être relevé de force par un CRS blanc qui va lui enfoncer un poing dans le visage. Le jeune homme tombe en sang.

LE TRAITEMENT MEDIATIQUE ACTUEL DE CETTE VIDEO : Cette vidéo circule avec UNIQUEMENT des messages critiquant le caractère classiste, agiste, et totalitaire des violences policières… Cette lecture des faits est juste : la police est une institution injuste et violente reproduisant les dominations capitalistes et patriarcale d’état. La police est un instrument de reproduction des dominations des riches, et des mâles cis plus âgés, sur les pauvres et les jeunes… mais ce traitement critique est INCOMPLET.

Ces mots qu’on ne dit pas, qui témoignent d’un racisme actif-passif de la part des médias et militant-e-s blanc-he-s. Ces mots qu’on ne dit pas, constituent cet impensé, cet angle mort du « privilège blanc », qui obstrue la médiation et construction des PENSEES CRITIQUES ET LUTTES ANTIRACISTES ET DECOLONIALES CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES FRANCAISES. Les mots désignant la dimension raciste des violences policières doivent être dits.

Ainsi ce qui n’a pas été dit, c’est qu’il s’agit de l’agression d’un jeune étudiant NOIR (= racisé négativement), alors que celui-ci est isolé et sans défense, une agression commise par un policier BLANC (= racisé positivement), un CRS en position d’extrême supériorité institutionnelle, armé et en groupe. L’invisibilisation des statuts de « racialisation sociale » de la victime noire et de l’agresseur blanc, invisibilise et empêche la critique du caractère raciste de cette agression. UNE AGRESSION QUI S’INSCRIT DANS UN SCHEMA RACISTE SYSTEMIQUE SUPREMATISTE BLANC, COMME LA QUASI-TOTALITÉ DES VIOLENCES ET DES CRIMES COMMIS PAR DES POLICIER-E-S. La police est une institution capitaliste, sexiste, patriarcale ET SUPREMATISTE BLANCHE.

Merci, aux blanc-he-s, journalistes, militant-e-s blanc-he-s, etc… de ne pas silencier et invisibiliser cette SUPERPOSITION INTERSECTIONNELLE DES VIOLENCES QUE SUBISSENT LES MILITANT-E-S RACISE-E-S. La prise en compte, l’écoute et la visibilisation des traumatismes, expériences, angoisses, critiques et luttes légitimes des militant-e-s racisé-e-s face au caractère RACISTE des oppressions policières est indispensable. Afin que les personnes racisé-e-s ne soient pas exclues et/ou mises en danger de façon exponentielle dans les luttes et ne se voient pas confisqués les espaces d’expression anti-capitaliste et anti-totalitaire par des militant-e-s blanc-he-s, bénéficiant quant à elleux de « privilèges blancs ».

COMMENT AGIR CONTRE LE RACISME LIE A LA REPRESSION POLICIERE :
  • Toujours avoir le réflexe de FILMER toute interpellation, contrôle et/ou intervention policière.

    Gardez plusieurs copies du film (envoi par mail à vous même et/ou à des proches de confiance, copie sur clés usb, disques durs…). Si vous diffusez/partagez des copies sans consentement préalable de la-des victimes ou de leur famille, floutez le visage des victimes. Contactez/envoyez des copies à des collectifs antiracistes et médiatiques critiques des violences policières d’état :

    « Urgence Notre Police Assassine », « Mediapart », « Les Mots Sont Importants », « L’envolée », « Collectif Contre l’Islamophobie en France » (CCIF), « Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires » (FUIQP), « Ferguson in Paris », « Cimade »…

  • Si vous êtes plusieurs et que la personne est en danger, tabassage, étouffement au sol… par la police, ou service de sécurité privés, etc… tentez d’AGIR.

    (filmer constitue une preuve, c’est indispensable pour lutter contre l’impunité et la reproduction des oppressions policières, mais filmer n’est pas suffisant pour sauver la vie de la personne qui est peut être en danger de mort imminente ; Ainsi des victimes de violences policières sont parfois mortes sous les yeux d’une foule de témoins impassibles, ou dans le fourgon ou le commissariat juste après leur interpellation…)

    Agir, c’est : appeler des secours, pompier-e-s, samu, demander s’il y a des médecins parmi vous…

    Agir, c’est : empêcher la mise à mort de la victime sur l’instant en repoussant les policier-e-s (verbalement, physiquement…)

    Agir, c’est : si la victime est transportée par la police, prendre le matricule/immatriculation de la voiture, suivre la victime jusqu’au commissariat afin de s’assurer qu’elle va bien…

    Agir c’est tout faire pour NE PAS LAISSER LA VICTIME DE VIOLENCES POLICIÈRES SEULE ET SANS DÉFENSE ENTRE LES MAINS, DANS LA VOITURE OU LES LOCAUX DE SES AGRESSEUR-SE-S !

Face aux violences policières nous devons tou-te-s ré-agir, nous sommes tou-te-s responsables, rester passif-ve-s est un crime. Filmer, agir, témoigner… tous les gestes, mots, comptent… les vies des victimes comptent.

COMMENT AGIR CONTRE LE RACISME EN MILIEU MILITANT :

Pour un milieu militant NON-OPPRESSIF, UNI et BIENVEILLANT, pour tou-te-s, faire des tours de parole antiracistes, avant et après chaque manifestations publiques pour que les militant-e-s racisé-e-s puissent exprimer leurs angoisses, expériences et/ou besoins… Des stratégies d’entraide, de secours, de soutien, de luttes et décompression peuvent et doivent être mises en place par l’écoute des concerné-e-s et le soutien de leurs propositions pour lutter contre les oppressions racistes. Ce temps, n’est pas du temps perdu, ni accessoire.

Faire l’impasse sur les moyens d’existence des corps et pensées des racisé-e-s dans les luttes sociales anti-capitalistes, c’est profondément raciste. C’est participer d’une confiscation de l’espace public réel (la rue) et symbolique (la critique sociale) par une élite militante blanche privilégiée.

Pour reprendre une formule très pertinente que j’ai vue passer sur les réseaux sociaux :

« Les blanc-he-s sont ciblé-e-s par la police parce qu’iels militent,

les non-blanc-he-s sont ciblé-e-s par la police parce qu’iels existent »

Ainsi, nous demander, à nous militant-e-s racisé-e-s, de choisir entre EXISTER OU MILITER, en ne prenant pas en compte l’intersectionnalité des oppressions que nous vivons, est profondément raciste. Nous sommes aux coeurs, à la tête et aux corps des luttes sociales. Nous avons des choses à dire, nos expériences, nos corps, nos pensées, sont les premières victimes des oppressions de l’état, des lois anti-sociales (précarité du travail, lois anti-voiles, déchéance de nationalité…etc…), des violences policières… et nous n’acceptons pas d’être traité-e-s comme des militant-e-s de seconde zone, réduit-e-s à des corps, décors, caution vides et sans voix dans les luttes sociales.

Les militant-e-s racisé-e-s n’ont pas à être silencié-e-s sur les oppressions dont iels souffrent et qui les menacent. En outre, quand les militant-e-s blanc-he-s enjoignent les militant-e-s racisé-e-s au silence, les militant-e-s blanc-he-s isolent et mettent en danger psychique et physique les militant-e-s racisé-e-s et leurs luttes. Il est inadmissible que les militant-e-s blanc-he-s s’acharnent à faire valoir leur zone de confort/domination de « privilège blanc », et invisibilisent la réalité des oppressions racistes qu’iels ne vivent pas à l’extérieur et à l’intérieur des luttes.

Cette attitude renforce des rapports de domination blanche et d’oppression des racisé-e-s, SACRIFIE-E-S AU NOM DU CONFORT ET DE L’AGIR DES SEUL-E-S MILITANT-E-S BLANC-HE-S (qui agissent mieux que les militant-e-s racisé-e-s et les minorisé-e-s… perspective idéologique colonialiste et élitiste du-de la sauveur-se blanc-he et/ou bourgeois-e), laissant sans scrupule les militant-e-s racisé-e-s, minorisé-e-s, traîner la patte, s’épuiser, et disparaître derrière elleux… derrière des blanc-he-s qui finalement reproduisent dans leurs organisations les oppressions sociales (racisme, sexisme, validisme, élitisme…) que ces mêmes militant-e-s et journalistes blanc-he-s prétendaient combattre…

Pourtant les luttes sociales seront des luttes avec, par et pour les minorisé-e-s sociaux ou ne seront pas des luttes pour la révolution sociale, la justice, l’égalité, les libertés, les droits, l’amoures de et pour tou-te-s.

Ceci est l’analyse et le témoignage d’une femme cis racisée arabo-descendante, militante anarchiste-communiste féministe antiraciste et décoloniale écologiste anticapitaliste anti-autoritaire, bref, qui MILITE POUR EXISTER, s’exprimer, aimer, relationner sans oppressions, résister à la destruction et la disparition, dans une société occidentale « ordinaire » raciste, sexiste, validiste, etc… Une militante qui ne s’attendait pas à devoir aussi MILITER POUR POUVOIR MILITER, pour exister comme militante dans des mondes militants, si peu révolutionnaires, terriblement « normaux », conservant dans leurs modes de fonctionnement des normes d’oppressions hétero-cis-patriarcales-blanches-bourgeoises… qu’il est urgent de dénoncer, déconstruire, et abandonner pour que nous puissions exister, nous organiser, nous respecter et nous révolter ENSEMBLE.

Amoures, révoltes, résistances.

Soutien à tou-te-s les sœurs, frères, ami-e-s connu-e-s et inconnu-e-s racisé-e-s et doublement, triplement, intersectionnellement minorisé-e-s (femmes, LGBTQIA+, précarisé-e-s economique, personnes en situation de handicap psychique et/ou physique, etc…) qui tentent d’exister, survivre, vivre. Qui doivent militer pour exister depuis toujours et qui sont en plus confronté-e-s au racisme et à la reproduction des oppressions à l’intérieur même des luttes qui, trop souvent les fragilisent, alors même qu’elles devraient les renforcer. Soutien, courage, amoures et force sur vous/nous.

Dédicace à Anissa, Nargesse, Gaye, Fatma, Karim, Opélie, Amal, Amélie, Monika, Muhittin, Malek, Clément, Samir, Laeti, Dyana, Joao, Aissatou, Anne-Raphaëlle, Ahmed, Pedro, SoukaÏna, Imane, Raphaële, Bezzy, Babu, Emy, Ryo, Rachelle, Amadou, Ibrahima, Massinissa, Adam, Majda, Annabelle, Mohamed, Sovanna, Golda, Sihame, Ru, Samir, Maïté, Leyla, Tarek, Maiko, Tauana, Raja, Jihane, Lamine, Nadia… plus infinis <3

Nous vivons, nos luttes, nos corps, nos amoures vivront. Courage, Amoures, Révolutions.

Mona Rima

écrit par
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