Qu’y a-t-il de mal à faire de l’appropriation culturelle? Ces 9 réponses révèlent pourquoi c’est blessant.

[Cet article est une traduction de « What’s Wrong with Cultural Appropriation? These 9 Answers Reveal Its Harm »]

Donc vous venez d’arriver à une soirée d’Halloween. Vous pensez porter un costume d’enfer, mais à la place de vous complimenter, quelqu’un vous dit que votre costume est de l’appropriation culturelle.

Et vous pensez que cette accusation est ridicule. Vous ? Faire quelque chose de raciste ?

Vous n’aviez pas d’intentions haineuses, donc vous ne voyez pas comment cela pourrait avoir un impact négatif. De plus, personne n’aime entendre qu’iel ne « peut pas » faire quelque chose, et vous sentez que cette personne est en train de vous dire que vous ne pouvez pas porter ce costume, même si vous ne vouliez pas blesser qui que ce soit.

Si vous vous demandez quel est le problème à propos de l’appropriation culturelle, je vais vous l’expliquer.

Poursuivez la lecture pour quelques explications sur pourquoi les gens pourraient s’énerver si vous empruntez quelque chose d’une autre culture.

Ce qu’est l’appropriation culturelle (et ce que ça n’est pas)

Pour faire court : l’appropriation culturelle, c’est lorsque quelqu’un adopte des aspects d’une culture qui n’est pas la sienne.

Mais ce n’est que la définition basique.
Une compréhension plus poussée de l’appropriation culturelle se réfère aussi à une dynamique de pouvoir dans lequel les membres d’une culture dominante prend des éléments d’une autre culture qui a été oppressée de manière systémique par ce groupe de dominant.

C’est pourquoi l’appropriation culturelle est différente de l’échange culturel, lorsque des gens partagent mutuellement avec d’autres, car l’échange culturel n’a pas cette dynamique de pouvoir systémique.

C’est aussi différent de l’assimilation, lorsque des personnes marginalisé-e-s adoptent des éléments de la culture dominante pour survivre car leur vie devient une épreuve s’iels ne le font pas.

Certains disent, par exemple, que les personnes non-Occidentales qui portent des jeans et les Natifs-Américains qui parlent anglais font de l’appropriation culturelle aussi.

Mais les groupes marginalisés n’ont pas le pouvoir de décider s’iels préfèrent porter leurs costumes ou essayer ceux de la culture dominante, juste pour le fun.
Quand les dernier-e-s survivant-e-s du massacre des Natifs-Américains se battent pour sauver leur langue avant qu’elle ne meure, et que les étudiants natifs sont suspendus pour avoir parlé dans leur langue, mettant en lumière l’abus des écoles étasuniennes qui essayent d’anéantir les cultures des natifs depuis 1980, il est clair qu’une partie de la population ne parle pas anglais par choix.

En d’autres termes, le contexte compte.

Ce qui signifie que vous n’êtes pas, vous, individuellement, mauvais, si vous vous appropriez la culture de quelqu’un d’autre.

C’est un problème compliqué qui inclut nos histoires, l’état actuel des choses et notre futur, lorsque nous agissons pour éliminer les oppressions, au lieu de les perpétuer.

Donc si vous restez toujours perplexe face à l’énervement des personnes à propos de ce problème, considérez les contextes suivants.

1. Cela banalise les violentes oppressions historiques

Pour vous, cela peut sembler grave d’abandonner quelque chose que vous avez emprunté d’une autre culture et incorporé dans votre vie, surtout si cela a du sens pour vous de quelque manière que ce soit.

Par exemple, les propriétaires et les fans de la ligue nationale de football étasunienne (National ligue of football = NFL) de l’équipe des peaux rouges de Washington ont largement pris la défense de ce nom, utilisant n’importe quelles raisons incluant celle « d’honorer les indiens », « préserver les traditions », et « vous êtes trop sensibles », en réaction à la demande des natifs d’arrêter d’utiliser des mascottes natives.

Les fans et la NFL ont émotionnellement et financièrement  investi dans le nom de cette équipe et ne veulent pas gaspiller du temps et de l’argent pour en changer. C’est tout à fait logique.

Mais considérez ceci : quand la violence cible systématiquement un groupe de personnes jusqu’à aller au génocide, l’esclavage ou la colonisation, le trauma en résultant dure à travers les générations.

Voici un point sur les natifs : le terme « peaux rouges » vient de la période coloniale, les gouvernements & les compagnies payaient des blanc-he-s pour tuer des natifs et utilisaient leur scalps ou même leur organes sexuels (pour prouver leur sexe), alias « peaux rouges », en tant que preuve de « meurtre d’indiens ».

Étant donné cette histoire, est-il surprenant qu’énormément de natifs soient en colère à propos des fans de football qui pensent les « honorer » avec cette mascotte et leurs excuses ?

Nous devrions être honteux de cette période de l’histoire, et nous devrions travailler à guérir les dommages venant de cette période.

Mais au lieu de cela, la ligue nationale de football (et d’autres équipes de sport) insiste pour célébrer la tentative de génocide de personnes en générant de l’amusement et du profit.

2. Cela montre l’amour que portent les gens pour la culture, mais maintient les préjugés envers les concerné-e-s

Les blanc-hes ne demandent pas à naître avec le privilège blanc, mais ce qu’iels choisissent de faire avec est une autre histoire.

Dans l’aire de la baie de San Francisco, je suis témoin de gens prenant ce qui leur plait sans vouloir être associés avec l’origine de ces choses en permanence.

Sur Yelp (site participatif anglophone regroupant avis et recommandations, ndT), de nouveaux venus dans ce secteur publient des commentaires afin de trouver « de la cuisine mexicaine authentique » sans le « voisinage douteux », ce qui ce révèle en fait souvent être ce qu’iels appellent un voisinage avec un haut taux de personnes racisé-e-s (People Of Color en anglais).

Les « Yelpers » (utilisateurs de Yelp, ndT) sont en train d’avoir ce qu’iels veulent, au moins en terme de voisinage, car la gentrification pousse les personnes racisé-e-s hors de chez elleux et les propriétaires blanc-he-s voient leurs restaurants « ethniques authentiques »  s’ouvrir.

C’est ce qui résulte de l’appropriation culturelle : ne pas partager afin qu’il y en ait plus pour tout le monde, mais profiter des inégalités de pouvoir entre les différents groupes pour avoir plus de bons blancs, et de moins en moins de personnes racisé-e-s pauvres.

Et ceci arrive car nous vivons dans un monde où les racistes blancs peuvent dire
« on veut vos affaires, mais on ne vous aime pas » en prenant les traditions des personnes tout en ayant des préjugés envers les humains.

L’appropriation culturelle montre que l’on n’a pas à apprécier une personne ou à respecter son identité pour se sentir le droit de lui prendre sa culture.

Chaque non-mexicain qui mange un bon burrito est-il coupable d’appropriation culturelle ? Ce n’est pas ce que je dis ! Cela m’inclurait moi et chaque personne que je connais.

Mais maintenant que vous savez que la popularisation de la nourriture « ethnique » peut être blessante pour les concerné-e-s à qui l’on prend leurs traditions, vous pouvez penser à des moyens de satisfaire votre soif de nourriture internationale sans y participer.

3. C’est « cool » pour les blancs mais « trop communautariste » pour les personnes racisé-e-s

Les états-unis sont une société dominée par les blancs, et pour prouver cela, il suffit de voir comment les migrants, les natifs et les racisé-e-s sont critiqués pour les choses qui nous distinguent des blancs étasuniens.

Par exemple, les standards professionnels sont un frein pour quiconque n’est pas un homme cis blanc. En tant que femme noire, il y a beaucoup de jobs qui me seraient interdits d’entrée si j’avais des tresses (sous-entendu, africaines), des locks ou une afro, c’est-à-dire la manière la plus naturelle de coiffer mes cheveux.

Donc, pour moi, laisser mes cheveux au naturel est une déclaration lourde de sens, la déclaration que je crois en ma beauté naturelle. Il est risqué de faire cette déclaration dans une société me disant que je dois aspirer à la blanchité parce qu’elle a plus de valeur.

Comparez ça à l’accueil fait par les magazines fashion aux « épiques » tresses africaines de l’adolescente blanche Kylie Jenner ou de ses dredalocks « avant-gardistes ».

Lorsque des femmes noires doivent se battre pour être acceptées avec le même style que celui pour lequel une jeune blanche est admirée, quel message cela envoie-t-il aux femmes et filles noires ?

Cela dit que notre beauté naturelle ne l’est pas, et que nos caractéristiques sont attirantes seulement lorsqu’elles sont adoptées par des blanches.

4. C’est créer du profit pour les personnes privilégiées sur le dos des personnes oppressées

Dans les bons vieux états-unis, nous sommes supposément tou-t-e-s libres de poursuivre le rêve capitaliste étasunien de construire notre propre fortune.

Mais en réalité, ce n’est pas si simple.

Pour beaucoup de gens, des barrières comme le classisme, le racisme, et la xénophobie signifient qu’iels n’ont pas la bonne apparence, le bon langage, ou la position privilégiée de gagner leur vie avec leurs outils culturels spécifiques et pourtant, souvent, les blanc-he-s peuvent transformer ces mêmes outils culturels spécifiques en profits, blessant ainsi la communauté à laquelle iels les ont empruntés.

Par exemple, disons qu’une blanche appartenant à la classe moyenne apprenne la spiritualité des natifs et y voie la chance de commencer un business basé sur ce qu’elle a appris. Cela semble assez innocent. Elle s’y est intéressée et veut faire de l’argent avec. C’est le rêve, non ?

Mais le problème est que, pour vendre ses produits, elle doit participer à un système discriminatoire. Ce système inclut des politiques fédérales, qui rendent difficile pour les natifs de démarrer leurs propres business, ainsi qu’une culture professionnelle à laquelle les femmes blanches de classe moyenne peuvent plus facilement accéder que les femmes natives pauvres.

Pendant qu’elle fait du profit, les femmes natives dont elle a adopté la culture sont dans un profond cycle de pauvreté et de chômage.

Les femmes blanches dominent l’industrie du New Age avec des versions édulcorées des pratiques spirituelles des natifs, noyant les voix des natifs s’exprimant à propos de ce que les communautés natives ont besoin pour survivre.

Dans son fantastique essai « Pour toutes celles qui étaient indiennes dans une vie antérieure », Andrea Smith décompose ce qui se joue lorsque les féministes blanches se réclament de cette spiritualité indienne et « veulent devenir indiennes sans être responsables financièrement des communautés indiennes ».

Quelqu’un jouissant du privilège blanc et du privilège de classe a d’autres options pour avoir un revenu, de façon à ne pas profiter du travail ou de la culture d’autrui. Le risque que cela fait prendre aux personnes marginalisées montre qu’il est plus éthique de poursuivre une autre route.

url

5. Cela récompense des gens pour des choses pour lesquelles les créateurs/trices n’ont jamais eu de mérite

Qui vient à l’esprit lorsqu’on pense au rock’n’roll ?

Est-ce un blanc ?

Selon vous, qui a fait en premier du rock’n’roll ? Est-ce Elvis Presley, le dénommé  » King of Rock’n’Roll » ?

Surprise ! Le Rock and roll vient du blues et a pris initialement forme grâce à des artistes noir-e-s. Le problème était que, dans les années 50, les blanc-he-s ne voulaient clairement pas acclamer un-e artiste noir-e. Devinez ce qu’iels ont fait.

L’industrie musicale a trouvé le succès grâce à des artistes populaires blanc-he-s s’étant modelé un look et des chansons mainstream et dont le son était proche de celui des noirs, celui que son audience blanco-raciste n’applaudirait jamais. Sam Phillips, le cadre exécutif qui a découvert Elvis, a résumé la chose en ces termes : « Si je pouvais trouver un homme [cis] blanc qui a le son noir et le ressenti noir, je pourrais gagner un million de dollars ».

Alors qu »Elvis n’a jamais affirmé avoir fait du rock and roll en premier (et il était clair à propos des artist-e-s noir-e-s qui l’avaient influencé), nos médias ont tout de même réécrit l’histoire en affirmant qu’il l’avait créé. Maintenant, il est difficile de penser que le rock and roll puisse être venu de la communauté noire. Avez-vous entendu parler de Sister Rosetta Tharpe ?

Cette tradition « d’emprunt » de la communauté noire et la promotion d’artistes blanc-he-s au détriment des artistes noir-e-s continue de faire gagner des millions à l’industrie musicale aujourd’hui.

Quand Iggy Azelea obtient mérite et fortune à travers une imitation de blackface, la communauté noire et les fans de hip-hop s’énervent à juste titre. Quand Macklemore a gagné 4 grammy awards, même Macklemore était confus et pensait que Kendrick Lamar aurait dû gagner le grammy du meilleur album rap.

Scrutez les nominations pour la majorité des cérémonies de récompenses importantes afin de vous faire une idée d’à quel point la blanchité représente la grandeur dans la culture US. Puis, pensez à nouveau au mythe selon lequel les gens qui ont réussi l’ont fait parce qu’iels étaient les plus acharné-e-s au travail.

6. Cela diffuse des mensonges à propos des cultures marginalisées

Les gens disent que le partage entre cultures est supposé nous aider à apprendre. Mais l’appropriation culturelle nous enseigne les mauvaises leçons.

Souvent, notre référence la plus commune à quelque chose d’atroce en dénature totalement la vérité, nous faisant croire qu’il s’agit de quelque chose d’innocent.

Par exemple, si l’on pense à la vraie histoire de Pocahontas, voir sa fille faire semblant d’être elle pour Halloween est assez dérangeant. La vraie Pocahontas, celle dont le nom était Matoaka, a été enlevée adolescente, forcée de se marier à un anglais (pas John Smith, d’ailleurs) et utilisée comme outil de propagande pour des pratiques racistes avant qu’elle ne meure à 21 ans.

Cela donne presque l’impression que cette propagande ne s’est jamais finie, puisque ce que l’on apprend sur ce qui s’est passé entre les colons et les indigènes dépeint les natifs comme des sauvages, des joyeux drilles ou des personnages mystiques, quand ils ne sont pas totalement absents.

Nous n’entendons pas parler de la vraie histoire, et pour la plupart d’entre nous, nous ne vivons pas avec une connexion directe à leurs souffrances.

La vérité importe-t-elle lorsqu’il s’agit d’une petite fille essayant juste de profiter d’une fête ? Vous penseriez peut-être que oui, si elle voulait se déguiser en quelqu’un dont la tragique vérité nous est plus familière, comme Anne Franck.

Ce sont toutes les deux des filles ayant eu une histoire douloureuse. Beaucoup pensent que banaliser l’histoire d’Anne Franck serait de très mauvais goût. Pouvez-vous imaginer le tollé si Disney essayait de romantiser son journal en la vieillissant en une jeune femme cis ayant une histoire d’amour avec un Nazi, se finissant par une fin heureuse ?

Effrayant, non ?

Comment peut-on alors ne pas être dérangé par le fait d’utiliser l’histoire de victimes pour en faire des costumes ?

Cela montre le privilège et un énorme échec de notre système éducatif. Nous ne devrions pas utiliser ce privilège pour dénaturer les injustices.

7. Cela perpétue des stéréotypes racistes

Comme l’a dit le docteur Adrienne Keene sur l’appropriation culturelle des natifs : « Vous faites semblant d’être une ethnie que vous n’êtes pas, et vous utilisez des stéréotypes pour le faire. »

Par exemple, Katy Perry a déclaré que sa performance en geisha durant les American Music Awards était un hommage à la culture japonaise. Cependant, elle a complétement dénaturé ce qu’elle prétendait honorer et a utilisé une énorme plateforme de diffusion pour perpétuer l’un des stéréotypes négatifs les plus communs à propos des femmes asiatiques.

Dans son single « Unconditionnally », Perry chantait à propos d’un amour éternel pendant qu’elle jouait l’image de la femme asiatique passive, soumise en tant qu’objet sexuel.

Pour elle, c’était juste un personnage mais ces images stéréotypées ont de réelles conséquences sur les femmes asiatiques aux états-unis. Leurs expériences durant des liaisons amoureuses, le harcèlement sexuel raciste et la fétichisation révèlent que les hommes blancs attendent d’elles d’être à la hauteur du stéréotype de la « geisha », d’être sexuellement soumises et dociles.

Lauren Smash a décrit son expérience dans  » La fièvre jaune : avoir une/des relations amoureuses en tant que femme asiatique » comme ceci : « c’est la déshumanisation à son paroxysme d’être constamment comparée à un stéréotype et d’avoir des personnes vous pourchassant, non en tant que personne,  mais en tant que représentation humaine du stéréotype qu’iels utilisent pour vous définir ».

À la fin de la journée, Katy Perry enlève son costume et retourne aux millions de dollars que cela l’a aidée à gagner et aux gens qui la voient comme un être humain et non juste comme une discrète caricature.

Les femmes asiatiques, d’un autre côté, doivent gérer les normes racistes et sexistes que Perry a participé à perpétuer, c’est ce qui arrive quand le seul média mainstream qui diffuse une image de votre sexualité est un stéréotype négatif renforcé constamment par l’appropriation culturelle.

Ce n’est certainement pas inoffensif ou respectueux de dénaturer la culture de personnes et de diffuser un mythe toxique qui les blesse.

8. Les blanc-he-s peuvent faire librement ce que les personnes racisé-e-s étaient puni-e-s de faire

Cela peut faire comme une gifle de voir des blanc-he-s insouciant-e-s profiter de pratiques pour lesquelles nos ancêtres étaient pénalisé-e-s.

C’est aussi un troublant rappel que le fait de nous prendre nos pratiques n’a pas disparu et qu’au final, les blancs y ont plus accès que nous-mêmes.

La tendance généralisée du yoga aux états-unis en est un exemple.

Saviez-vous que le yoga fut interdit en Inde à cause de récits racistes et orientalistes caractérisant les Indiens comme des païens pervers devant se conformer aux coutumes occidentales ? La bande de yogis ayant résisté contre cette interdiction s’est élevée pour contester les lois oppressives britanniques.

Ces jours-ci, le yoga semble partout, et les pratiquants n’ont pas à être dans l’illégalité pour en faire. Cela peut heurter des sensibilités de dire que les non-asiatiques faisant du yoga font de l’appropriation culturelle, car ces pratiques bénéficient à beaucoup de personnes aux états-unis.

Mais savez-vous qui ne bénéficie pas de la commercialisation du yoga comme les femmes blanches de classes moyennes ? Les personnes venant d’Asie du sud-est pour qui le yoga a une profonde signification culturelle et religieuse.

Un moment touchant dans la discussion avec des enseignants de yoga venant de l’asie du sud-est du (SAAPYA) a montré une femme expliquant en pleurant comment les aîné-e-s de sa communauté n’avaient pas accès aux studios de yoga dominés par une industrie utilisant une pratique pourtant très importante pour elleux.

Comme Susanna Barkataki l’a écrit : éloigner le yoga de ses vraies origines et de son but ainsi que des gens qui l’ont préservé en premier lieu signifie « éradiquer la vraie pratique, celle ayant été pratiquée dans de nombreux lieux sous l’occupation britannique. »

Il y a une raison bien précise pour laquelle les britanniques se sont servi de l’interdiction du yoga
comme outil pour opprimer un pays entier. Enlever une importante source culturelle de bien-être et de spiritualité est une façon d’arracher aux gens un de leurs moyens de survie.

C’est ce que la commercialisation du yoga est en train de faire aux personnes d’Asie du Sud aujourd’hui : améliorer l’accès au yoga pour les personnes blanches tout en continuant de l’enlever à celleux qui ont autrefois dû se battre pour le conserver.

Barkatari a aussi dit que cela ne signifiait pas que les blanc-he-s ne pouvaient pas faire du yoga.

Mais si la façon dont vous le faites contribue à en exclure les Indien-nes, c’est-à-dire en donnant la priorité aux volontés des pratiquant-e-s blanc-he-s en dépit des besoins des personnes venant d’Asie du sud, ou en faisant des blanc-he-s l’image du yoga, vous faites partie du problème.

9. Cela privilégie les sentiments des privilégié-e-s en dépit du droit à la justice des personnes marginalisé-e-s

L’une des principales objections élevées face au fait d’empêcher l’appropriation culturelle est « la liberté d’expression ».

Vous devriez avoir le droit de vous exprimer de la manière dont vous le souhaitez et vous l’avez. Personne ne peut vous forcer d’arrêter de prendre des choses d’autres cultures. Les personnes marginalisé-e-s auxquelles ces cultures sont appropriées n’ont pas le pouvoir institutionnel de vous arrêter, même s’iels le voulaient.

Mais affirmer que la culture dominante a le droit de prendre librement à des groupes sans autonomie sonne beaucoup comme le mensonge « du fardeau des hommes blancs » du passé. Les colons utilisaient ce concept afin d’affirmer qu’iels avaient le « devoir » de prendre les terres, les ressources et l’identité des indigènes, dans le but de justifier tout, de l’esclavage au génocide.

Nous avons beaucoup de travail afin de guérir l’impact des oppressions du passé jusqu’à maintenant. Beaucoup d’exemples d’appropriation culturelle semblent anodins, ou comme s’il y avait des choses « plus importantes » que celle-ci dont nous devrions nous inquiéter.

Mais changer les normes oppressives est une part importante du travail. C’est l’une des manières qui peuvent aider à stopper la déshumanisation, l’élimination et l’ostracisation des personnes racisé-e-s.

Si le choix est entre votre liberté de porter un costume car cela pourrait être amusant et la capacité de groupes ethniques à maintenir le sacré de leur tradition les aidant à résister, il est clair qu’enlever le costume vous met du côté de l’anti-oppression.

Et, un indice : c’est le côté duquel vous voulez être.

****

Je ne suis pas en train de dire qu’automatiquement vous ne pouvez pas profiter de la cuisine mexicaine si vous n’êtes pas Mexicain-e, ou pratiquer le yoga si vous n’êtes pas Indien-ne, ou utiliser n’importe quelle pratique spécifique venant d’une culture autre.

Mais je vous encourage à penser à comment utiliser des éléments culturels d’autres cultures, de considérer le contexte, et d’apprendre de meilleurs moyens de montrer votre respect.

Peut-être avez-vous déjà porté un costume derrière lequel vous ignoriez qu’il y avait une histoire violente, ou peut-être aviez-vous l’intention d’honorer une culture sans penser que c’était offensant. Peut-être que ce que vous en avez appris était loin de la vérité.

Donc maintenant, quel est votre prochaine étape pour incorporer cette information dans votre travail de lutte contre le racisme ?

Contester les stéréotypes ? Pointer l’AC quand vous la voyez ? Diffuser dans le monde le besoin de changer ce que nous apprenons des luttes des personnes oppressé-e-s ?

Enfin, vous savez que vous avez des alternatives à la dénaturation de cultures qui ne sont pas les vôtres.

Arrêtez d’invisibiliser les autres cultures sous l’ambition de notre société « melting pot ». Faites un espace pour que nous puissions nous épanouir sans nous montrer oppressif-ves.

écrit par
More from Wu zetian

Qu’y a-t-il de mal à faire de l’appropriation culturelle? Ces 9 réponses révèlent pourquoi c’est blessant.

[Cet article est une traduction de « What’s Wrong with Cultural Appropriation? These...
Lire plus