Récure-toi les tympans avec The Pack A.D.

Pour le premier article musique de l’Echo des Sorcières, quoi de plus approprié qu’un groupe… de femmes.
Pendant une après-midi d’ennui, je zonais sur une plateforme de musique bien connue pour tenter de ne pas m’endormir. Quand soudain, au détour d’un algorithme, j’ai entendu ceci.

Du bon vieux rock punk garage : guitare, batterie, voix et basta. Un son un peu cracra, du genre qui s’écoute à la limite de la saturation des enceintes et qui t’encourage gentiment à pogoter où que tu sois (je recommande donc l’écoute au casque dans le métro). Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de tomber amoureuse à la première écoute. Moi, oui. Et The Pack A.D. rentre dans  la catégorie coup de foudre instantané.

Laissez-moi l’honneur de vous présenter The Pack A.D., sympathique groupe fondé à Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) en 2006, composé de Becky Black (guitare, voix) et de Maya Miller (batterie, chœurs, voix et répliques qui font mouche). Elles ont déjà 5 albums à leur actif et sont actuellement en train de préparer le 6e, le tout en étant en tournée quasi en permanence.

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D’un son très blues garage de leurs débuts -Tintype (2007-2008), Funeral Mixtape (2008)-, elles vont progressivement dériver vers des sonorités et des rythmes plus punk pour finalement trouver leur son personnel qui combine joliment les trois dès We Kill Computer (2010) et exploser littéralement avec Unpersons (2011) puis Do Not Engage (2013).

Dans la musique de Becky et Maya, on retrouve tout ce qui me botte grave dans le rock : batterie précise et véner’ (tous les morceaux), riffs acides (Sirens) qui savent aussi se transformer en nappes aériennes (Needles), le tout avec de jolis coups de pédales (Positronic). Les paroles ne sont pas en reste : percutantes, assez peu joyeuses mais incroyablement justes. On reste dans la veine du blues féminin, version speed. Elles semblent de plus dégager la même énergie en studio que sur scène, ce qui, il faut le rappeler, n’est malheureusement pas toujours le cas des groupes de rock. Energie ET qualité, ce qui en fait une jolie petite bombe scénique que je m’empresserai d’aller voir de mes propres yeux dès que j’en aurai l’occasion.
Cerise sur le gâteau, elles semblent avoir de plus un sens de l’humour très particulier, comme dans le clip de Crazy, qu’elles font rimer avec misandrie <3.

Il y a de la rage chez The Pack A.D., mais il y a aussi de la poésie. C’est ce subtil mélange qui les différencie d’autres groupes du même genre musical. Malgré la jeunesse du groupe, elles font pour moi partie des pointures, au même titre que Jack White (mon dieu musical depuis 2002), les Arctic Monkeys ou les Kills (rien que ça). Je vous encourage vivement à aller fouiller les internets et notamment YouTube qui est une petite mine les concernant.

Leur musique qui fout la pêche, je la préconise en remède aux coups de mou, aux petits matins pas chouettes ou aux après-midis grisâtres. Bref, il n’y a rien à jeter chez les nanas de Vancouver. Leur seul défaut est de n’être pas distribuées correctement en France.

Le site du groupe recense les différents liens officiels, et pour les écouter gratuitement et légalement, ça se passe ici et ici.

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